Préparation aux concours et Master MEEF

Préparer le CAPES et l'Agrégation de philosophie à l'Université de Rennes 1.

Deux formations diplômantes

  • Le Master MEEF (en collaboration avec l'ESPE) : une formation diplômante de Master en deux ans, dédiée à la préparation du CAPES de philosophie et à l'enseignement de la philosophie en Lycée, destinée aux titulaires d'une licence de philosophie.
  • Le Master 2 "Enseigner la philosophie" (spécialité du Master de philosophie) : une formation diplômante de Master préparant à l'Agrégation de philosophie, destinée aux titulaires d'une première année de Master de philosophie.

Une inscription libre en préparation non diplômante

La préparation à l'Agrégation de philosophie : une formation libre et non diplômante, offrant une souplesse d'organisation accrue aux étudiants et reprenant en grande partie les enseignements et activités des préparations diplômantes.

Cette possibilité d’inscription est plus particulièrement destinée :

  • aux étudiants titulaires d'un Master MEEF ou d'un M2 « Enseigner la philosophie », mais non reçus aux concours et désireux de faire une nouvelle tentative ;
  • aux étudiants déjà titulaires du CAPES, mais désireux de préparer l’Agrégation ;
  • aux étudiants en reprise d’études ou en activité professionnelle, ne pouvant pas se soumettre aux contraintes d’organisation et de présence des préparations diplômantes.

Responsables des formations de préparation aux concours

  • Fabienne BAGHDASSARIAN, pour l'UFR de philosophie
  • Catherine ETEVE, pour l'INSPé (catherine [dot] eteveatinspe-bretagne [dot] fr)

Bibliographies 2022/23

Titre : Le corps
2ème épreuve "composition de philosophie se rapportant à une notion ou à un couple ou à un groupe de notions"

 

F. Baghdassarian :

Le cours prépare à l’épreuve de composition sur programme de l’agrégation, dont le thème retenu pour la session 2023 est « Le corps ». On consacrera 4 séances à étudier comment les Anciens ont thématisé la notion de corps, au croisement des recherches métaphysiques (sur l’être ou la substance), physiques (sur le mouvement, la nature, la vie) et éthiques (sur la nature de l’homme et son bien). On cherchera à préciser la singularité du concept de corps, pris dans un réseau de notions connexes ou opposées : forme, matière, âme.
MCC : devoir du samedi
Une bibliographie sera donnée en début de cours.

JC. Bardout :

Les séances aborderont deux aspects distincts du problème du corps à l'époque moderne : en premier lieu, un groupe de séances portera sur la question du corps au XVIIème siècle, dans ses dimensions physique (nature du corps, statut de la matière, lois du mouvement) et anthropologique (problème de l'union de l'âme et du corps).
En second lieu, on s'intéressera à la naissance du « corps propre » dans la philosophie des Lumières (notamment chez Condillac).
-    F. Alquié, Le cartésianisme de Malebranche, Vrin, 1974
-    Fr. Azouvi, « Genèse du corps propre chez Malebranche, Condillac, Lelarge de Lignac et Maine de Biran », Archives de philosophie, 1982, 1, p. 85-107.
-    « Les paradoxes de l'existence corporelle selon Malebranche », in Le dualisme de l'âme et du corps, éd. J.-L. Vieillard-baron, Vrin, 1991, p. 159-176.
-    V. Carraud et F. De Buzon, Descartes et les Principia II, PUF, 1994.
-    Charrak, Empirisme et métaphysique, l'Essai sur l'origine des connaissances humaines de Condillac, Vrin, 2003
-    D. Garber, La physique métaphysique de Descartes, PUF, 1999
-    Corps cartésiens, PUF, 2004
-    Leibniz : Body, Substance, Monad, Oxford UP, 2009
-    « Body and Corporeal Substance », in The Oxford Handbook of Leibniz, ed. M. R. Antognazza, Oxford UP, 2018, p. 331-355
-    Kolesnik-Antoine Delphine, L'homme cartésien, La « force qu'a l'âme de mouvoir le corps », Descartes, Malebranche, Presses universitaires de Rennes, 2009
-    J. Moreau, L'univers leibnizien, Olms Verlag, 1987
-    G. Rodis-Lewis, L'anthropologie cartésienne, PUF

 

 

 

Titre : Cicéron
3ème épreuve  "Epreuve d'histoire de la philosophie"

 

F. Baghdassarian

Le cours prépare à l’épreuve écrite d’histoire de la philosophie du concours de l’agrégation.

MCC : épreuve écrite (devoir du samedi).

Les œuvres au programme sont consultables dans les éditions suivantes :

A/ Œuvres au programme :

On trouvera une traduction de plusieurs œuvres (ou parties d’œuvres) au programme dans :
BREHIER, E. & SCHUHL, P.-M. (éds), Les Stoïciens, 2 volumes, Paris, Gallimard, 1962 (traduction des Académiques, Des termes extrêmes des biens et des maux III, De la nature des dieux II, Du destin, Des devoirs).

En outre, on peut se reporter aux traductions suivantes :

- Académiques, trad. J. Kany-Turpin, Paris, GF, 2010
- De la nature des dieux, trad. C. Auvray-Aussias, Paris, Belles Lettres, 2009.
- De la divination, trad. J. Kany-Turpin, Paris, GF, 2004
- Des devoirs (De officiis), trad. Appuhn, Paris, GF, 1967.
- Des termes extrêmes des biens et des maux (De Finibus), trad. J. Kany-Turpin, Paris, GF, 2016.
- De la République. Des lois, trad. Ch. Appuhn, Paris, GF, 1965

B/ Sources :


LONG, A. A. & SEDLEY, D. N. (éds), Les Philosophies hellénistiques (3 vol), traduction française par J. Brunschwig et P. Pellegrin, Paris, Flammarion, 2001.
DIOGÈNE LAËRCE, Vies et doctrines des philosophes illustres, livres IV, VII, IX
ÉPICURE, Lettres, maximes et autres textes, introduction, traduction, notes, dossier, chronologie et bibliographie par P.-M. Morel, Paris, GF, 2011.
SEXTUS EMPIRICUS, Esquisses pyrrhoniennes, trad. Par Pierre Pellegrin, Paris, Point, 1997.
SEXTUS EMPIRICUS, Contre les professeurs, trad. P. Pellegrin, C. Dalimier, D. Delattre, J. Delattre, B. Perez, Paris, Seuil, 2002.
SEXTUS EMPIRICUS, Contre les logiciens, trad. R. Lefebvre, Paris, Belles Lettres, 2019.
2005


C/ Études :


Numéro 99 des Études Philosophiques, 2011, sur « Le « Songe de Scipion » de Cicéron et sa tradition. »
Revue de métaphysique et de morale 2008/1 consacré à Cicéron
ANDRÉ J.-M., La philosophie à Rome, Paris, 1977.
AUVRAY-ASSAYAS, Cl., « Le rôle des plaisirs esthétiques dans l'éthique : Cicéron et la doctrine épicurienne du plaisir (« Sur les termes extrêmes des biens et des maux », I-II) », dans Lefebvre, René, Villard, Laurence (éds.), Le plaisir : réflexions antiques, approches modernes, Mont-Saint-Aignan, Publ. des Universités de Rouen et du Havre, 2006, pp. 123-133.
AUVRAY-ASSAYAS, Cl., « Réécrire Platon ? : les enjeux du dialogue chez Cicéron », dans Cossutta, Frédéric, Narcy, Michel (éds), La forme dialogue chez Platon : évolution et réceptions, Grenoble, Jérôme Millon, 2001, pp. 237-255.
AUVRAY-ASSAYAS, Cl., Delattre, D., éds., Cicéron et Philodème : la polémique en philosophie, Paris, Éd. Rue d’Ulm, 2001.
AUVRAY-ASSYAS, C., Cicéron, Les Belles Lettres, 2006.
BOBZIEN, S., Determinism and Freedom in Stoic Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1998.
BOYANCE, P., Études sur l’humanisme cicéronien, Paris, 1970 ;
BOYANCE, P., « Cicéron et les parties de la philosophie », Revue des études latines 49, 1971, pp. 127-154.
BOYANCÉ, P., « Les preuves stoïciennes de l'existence des dieux d'après Cicéron (De natura deorum, livre II) », Hermes, vol. XC, 1962, pp. 45-71.
BOYANCÉ, P., « Les problèmes du De republica de Cicéron », L’Information littéraire, vol. XVI, 1964, pp. 18-25.
BRÉHIER E., Chrysippe et l’ancien stoïcisme, PUF 1910 & 1950.
BRUNSCHWIG, J. (éd.), Études sur les philosophies hellénistiques : épicurisme, stoïcisme, scepticisme, Paris, P.U.F., 1995.
BRUWAENE M. van den, La théologie de Cicéron, Université de Louvain, 1937.
DEFOURNY, P., « Les fondements de la religion d’après Cicéron » Les Etudes classiques, t.XXII, n°3-4, pp. 241-253 & 366-378.
DROSS, J., Voir la philosophie : les représentations de la philosophie à Rome : rhétorique et philosophie, de Cicéron à Marc Aurèle, Paris: Les Belles Lettres, 2010.
DUHOT, J.-J., La Conception stoïcienne de la causalité, Paris, Vrin, 1989.
FESTUGIÈRE, A.-J., La révélation d'Hermès trismégiste, II, le dieu cosmique, Paris, 1949.
FORTENBAUGH, W.W., STEINMETZ, P., éds., Cicero's knowledge of the Peripatos, New Brunswick (N. J.), Transaction Publ., 1989.
GOURINAT, J.-B., Le Stoïcisme, « Que sais-je ? », Paris, P.U.F., 2007 (4e édition).
GRIMAL, P., Cicéron, PUF, QSJ, 1984
GUILLAUMONT, Fr., Le De diuinatione de Cicéron et les théories antiques de la divination, Bruxelles, Latomus, 2006.
HIRZEL, R., Untersuchungen zu Ciceros philosophischen Schriften, I, Olms, 1984; les pages 191-244 portent sur les sources du livre II, Panétius et Posidonius.
IOPPOLO, A. M., « Arcésilas dans le Lucullus de Cicéron », Revue de Métaphysique et de Morale, no. 1, 2008, pp. 21-44.
JAEGER, W., The theology of the early greek philosophers, Oxford, 1967
JEANMAIRE, H., « Introduction à l'étude du livre II du DND », Revue d'histoire de la philosophie, 1933, p. 5-57.
KANY-TURPIN, J., « Les images divines. Cicéron lecteur d'Épicure », Revue Philosophique de la France et de l’Étranger, vol. CLXXVI, 1986, pp. 39-58.
KANY-TURPIN, J., « Météorologie et signes divinatoires dans le De diuinatione de Cicéron », dans Ch. Cusset (éd.), La météorologie dans l'Antiquité : entre science et croyance, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2003. 367-378.
KLEYWEGT, A.J., Ciceros Arbeitweise im zweiten und dritten Buch der schrift De natura Deorum, Wolters, Groningen, 1961.
LEHMANN, Y., « Criticisme philosophique et fidéisme religieux chez Cicéron (sur la base du traité De la divination, livre II) », Revue des Études Latines, vol. 89, 2011, pp. 76-92.
LEVY C., (éd.), Le concept de nature à Rome, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure, 1996
LEVY C., Cicero academicus, Recherches sur les Académiques et sur la philosophie cicéronienne, Ecole française de Rome 1992.
LEVY C., Les philosophies hellénistiques, Paris, Livre de poche, 1997.
LÉVY Carlos, « Philosophie et rhétorique à l’époque hellénistique : quelques remarques », dans Jacques Jouanna, Laurent Pernot and Michel Zink (éds), Charmer, convaincre : la rhétorique dans l’histoire », Paris, Académie des Inscriptions/Belles-Lettres, 2014, pp. 69-81.
LÉVY, C. Les scepticismes, Paris, 2008
LÉVY, C., « De la critique de la sympathie à la volonté : Cicéron, De fato 9-11 », Lexis, vol. 25, 2007, pp. 17-34.
MASO, S., « “Causa efficiens et causa superueniens” : the question of causality in Seneca and Roman stoicism. », dans Natali, Carlo, Viano, Cristina (éds), Aitia. 2:, Avec ou sans Aristote : le débat sur les causes à l’âge hellénistique et impérial, Leuven: Peeters, 2014. 157-183.
MICHEL, A. et NICOLET, Cl., Cicéron, Le Seuil, Ecrivains de toujours, 1960.
MICHEL, A., Les rapports de la rhétorique et de la philosophie dans l'œuvre de Cicéron : recherches sur les fondements philosophiques de l'art de persuader, Louvain/Paris, Peeters, 2003.
MOREAU, J., L'âme du monde de Platon aux Stoïciens, Les Belles Lettres, Paris, 1939, rééd. 1965.
MULLER Ph., Cicéron, un philosophe pour notre temps, L’âge d’homme, 1990.
MULLER, R., Les Stoïciens, la liberté et l’ordre du monde, Paris, Vrin, 2006.
MULLER, R., Muller Le stoïcisme Vrin,
PROST, FR., « Pyrrhon chez Cicéron », Vita Latina, no. 183-184, 2011, pp. 33-53.
RIST J.M. Stoic philosophy, Cambridge UP, 1969 & 1980.
RIST, J. M. (éd), The Stoics, Berkeley, University of California Press, 1978.
ROMEYER-DHERBEY, Gilbert, GOURINAT, Jean-Baptiste (éds), Les stoïciens, Paris, Vrin, SAMBURSKY, S., The physical world of the Greeks, Londres, 1963.
SANBACH, F.H., The stoics, Londres, 1975.
STRAATEN, M.M. VAN, Panétius, sa vie, ses écrits et sa doctrine avec une édition des fragments, Amsterdam-Paris, 1946.
VOELKE, A.J., L’idée de volonté dans le stoïcisme, Paris, PUF, 1973.
WIŚNIEWSKI B., « Le problème de la loi naturelle dans le De legibus de Cicéron », Les Études Classiques, vol. LX, 1992, pp. 129-138.

 

Traduction et explication d’un texte allemand (épreuves orales)


Jacques-Olivier Bégot


Programme : Ernst BLOCH, Das Prinzip Hoffnung, Suhrkamp Verlag, Suhrkamp Taschenbuch Wissenschaft 111, 2008 (Extraits au programme : Vorwort, Kapitel 1-8, Kapitel 17-19)
 « Écrit aux États-Unis de 1938 à 1947. Revu en 1953 et 1959 » : les dates données par l’auteur lui-même suffisent à évoquer le climat dans lequel Le Principe Espérance a vu le jour. Cependant, loin de céder à la résignation, Ernst Bloch donne d’emblée le ton de son entreprise philosophique : « Il s’agit d’apprendre à espérer », de « donner une dimension philosophique à l’espoir situé dans le monde ». Contre la pétrification du matérialisme historique en un dogme, si ce n’est en une « religion d’État » (Adorno), Le Principe Espérance élabore une pensée de l’utopie profondément originale, aimantée par les « rêves d’une vie meilleure ». Grâce à une écriture qui ne cesse de solliciter les ressources de l’image, Ernst Bloch ravive la force transgressive de la « conscience anticipante », réélabore radicalement la catégorie de la possibilité et, en dialoguant avec Marx et ses Thèses sur Feuerbach, rouvre sur de nouvelles bases le problème des rapports entre théorie et pratique.
Indications bibliographiques
Édition de référence : Ernst Bloch, Das Prinzip Hoffnung, Suhrkamp, 2008 (seront plus particulièrement étudiés les extraits au programme de l’agrégation : Vorwort, Kapitel 1-8, Kapitel 17-19)
Traduction : Le Principe Espérance, tome I, trad. Fr. Wuilmart, Paris, Gallimard, 1976
Premières lectures :
Le meilleur moyen de découvrir l’univers philosophique d’Ernst Bloch est sans doute de lire, en complément du texte au programme (références ci-dessus), certains de ses entretiens, par exemple ceux qui ont été recueillis et traduits dans les deux volumes suivants :
Ernst Bloch, Du rêve à l’utopie. Entretiens philosophiques, éd. et trad. A. Münster, Paris, Hermann, 2016
Ernst Bloch, Rêve diurne, station debout et utopie concrète. Ernst Bloch en dialogue, trad. A. Münster, Paris, Éditions Lignes, 2016

 


Traduction et explication d’un texte anglais (épreuves orales)


Jacques-Olivier Bégot


Programme : Hannah ARENDT, Between Past and Future. Eight Exercises in Political Thought, Penguin Books, 2006
Enseignant : Jacques-Olivier Bégot
Recueil de huit « exercices de pensée politique » publiés au cours des années 1950 et 1960, Between Past and Future (traduit en français sous le titre de l’un des chapitres, La Crise de la culture) constitue une tentative, de la part de Hannah Arendt, pour prendre la mesure des transformations de l’expérience humaine causées par la modernité. L’histoire au long cours de concepts fondamentaux (l’histoire, l’autorité, la liberté, l’éducation, etc.) permet d’aiguiser le diagnostic porté sur le présent et de scruter le destin de la pluralité humaine ainsi que les chances de l’action politique après l’épreuve du totalitarisme.
Indications bibliographiques
Hannah Arendt, Between Past and Future, Penguin Books, 2006 (les huit chapitres et la préface sont au programme de l’agrégation)
La Crise de la culture, trad. collective sous la dir. de P. Lévy, Gallimard, 1972 (rééd. dans la collection « Folio-essais »)
Premières lectures :
La lecture du volume au programme pourra être utilement complétée par celle de l’ouvrage que Between Past and Future présuppose constamment, à savoir le livre traduit en français sous le titre La Condition de l’homme moderne (disponible au Livre de poche, avec une introduction de Paul Ricœur ; l’original est intitulé The Human Condition).
Outre le texte de Ricœur, on pourra compléter la lecture du texte au programme (références ci-dessus) par telle ou telle présentation d’ensemble de l’œuvre de Hannah Arendt, par exemple :
Sylvie Courtine-Denamy, Hannah Arendt, Paris, Belfond, 1994, rééd. Hachette Littératures, coll. « Pluriel »
Katia Genel, Hannah Arendt. L’expérience de la liberté, Paris, Belin, 2016
Jean-Claude Poizat, Hannah Arendt, une introduction, Paris, Pocket, 2003, éd. revue et corrigée en 2013

Domaine retenu pour la « Leçon de philosophie » (thème oral) : Les sciences humaines

Luca Paltrinieri

Les sciences humaines (2022-2023)
Il faut d’abord bien lire les rapports du jury pour les sessions 2012 et 2019, les derniers années où le sujet est tombé à l’oral. On se rendra alors compte  que l’on peut distinguer :
1) des sujets internes au discours des sciences humaines
2) de sujets d’épistémologie et philosophie des sciences humaines
3) des sujets transversaux à plusieurs sciences humaines
Pour traiter ces différents sujets, il est important de pouvoir maîtriser :
a) les enjeux relatifs à l’épistémologie des sciences humaines : faits/valeurs, mathématisation, lois de nature et lois sociales, etc
b) reconnaître et savoir traiter des sujets « internes » aux sciences humaines : plusvalue (économie), inconscient (psychologie), fait social total  anthropologie), classes (sociologie), etc.
c) expliquer des sujets « transversaux » qui font partie de l’histoire des sciences sociales :
liberté/déterminisme, symbolique, langue, civilisation, etc
Pour ce faire il est important à la fois de lire des textes classiques des sciences humaines et de s’entrainer sur des des sujets (que l’on pourra tirer directement de la liste des deux rapports cités).
Le cours est organisé autour des « frontières des SHS », c’est-à-dire qu’il porte sur le domaine des sciences humaines qui a été « arraché » par les SHS à la fois à la philosophie et la religion, ainsi qu’aux « sciences naturelles ou «’dures’» (par exemple la biologie, la neurologie, les mathématiques). Secondairement on traitera des « frontières internes » au domaine des sciences  humaines : distinctions entre psychologie et sociologie, histoire et sociologie, anthropologie et économie, etc.
Une attention particulière sera réservée aux questions de méthodologie et d’épistémologie, car c’est par l’attention à la méthode d’étude de l’humain que les sciences humaines se sont historiquement distinguées des autres domaines d’études : observation participante ou « périphérique » (en anthropologie,  ethnologie et sociologie), entretien (par exemple en psychanalyse, en psychologie, en ethnologie), pratiques de « documents » et des « monuments » (histoire), statistiques (sociologie, économie). En épistémologie, les débats et les oppositions classiques entre  « expliquer/comprendre », « nature/culture » ou encore « normal/pathologique » représenteront des fils rouges que l’on pourra suivre dans notre exploration du vaste domaine des sciences humaines.
La liste suivante n’est pas exhaustive, c’est une bibliographie qui contient quelques textes classiques (priorité aux textes plus courts) parmi lequel il faut faire des choix surtout par rapport aux connaissances que l’on possède. Il ne faut surtout pas tout lire, il est plus intelligent de pouvoir maîtriser quelques références précises pour ensuite pouvoir traiter des sujets proposés à partir d’une base assez solide de connaissances.


I. Généralités sur les sciences humaines
Florence Hulak et Charles Girard (éd.), Philosophie et sciences humaines, vol I : Concepts et problèmes, vol II : Méthodes et objets, Paris, Vrin, 2011, 2018.
Paul Antoine Miquel, Epistémologie des sciences humaines, Paris, Nathan, 1991.
Jean-Michel Berthelot (éd.), Epistémologie des sciences humaines, Paris, PUF, 2001
Paul Lazersefeld, « Note sur la recherche sociales empirique et les liens interdisciplinaires », in Revue internationale de sciences sociales, vol. XVI (1964), n°4, p. 573-578
Claude Lévi-Strauss, « Critères scientifiques dans les disciplines sociales et humaines », in Revue internationale de sciences sociales, vol. XVI (1964), n°4, p. 579-597.
Ruwen Ogien, Les causes et les raisons, J. Chanbon, Nîmes, 1995.
Jean Piaget, Epistémologie des sciences de l’homme, Paris, Gallimard, 1970.
Paul Ricoeur, « Expliquer et comprendre », in Revue Philosophique de Louvain, n° 75, 1977, p.126-147.


II. Textes classiques d’histoire des sciences humaines (la fondation des sciences humaines comme domaine d’étude distinguée des sciences de la nature et sciences morales, politiques, philosophiques)
De Gerando, Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages (lire le 10 premières pages : texte fondateur de l’ethnologie), disponible sur Gallica
Von Humboldt, « Sur l’étude comparée des langues dans son rapport aux différentes époques du développement du langage », in Id. Sur le caractère national des langues et autres écrits sur le langage, Seuil, 2000, p. 64-111 (texte qui jette les bases d’une méthodologie autonome en linguistique)
Von Humboldt, La tâche de l’historien, Presses Universitaires de Lille, 1985 (texte qui permet de distinguer la pratique de l’historien de celle du philosophe, notamment en distinguant méthodologie historienne et philosophie de l’histoire)
Marx, L’idéologie allemande (partie I : Feuerbach), Paris, Les Editions Sociales, 2014 (texte fondateur des sciences sociales en tant qu’étude matérialiste de l’histoire, qui part de la base matérielle de création de l’histoire par l’homme (structure productive) par opposition à la superstructure (idéologie).
Dilthey, L’édification du monde historique dans les sciences de l’esprit, Paris, Cerf, 1988 (fondamental pour la distinction expliquer/comprendre, qui sera reprise par Wittgenstein et qui fonde, dans la culture allemande, la distinction entre sciences de l’esprit (Geisteswissenschaften) et sciences de la nature)
Rickert, Les problèmes de la philosophie de l’histoire. Une introduction, Toulouse, Presses Universitaires de Mirail, 1998.
Windelbald, « Histoire et sciences de la nature », Les Etudes philosophiques, 2000/1, p. 1-16.
Cassirer, Essai sur l’homme (1944), Paris, Minuit, 1995 (ces quatre derniers auteurs sont les protagonistes du grand débat sur la notion de « sciences de l’esprit » en Allemagne, ce débat a précédé le débat français sur les sciences humaines et les structuralisme)
Foucault, Les mots et les choses, Paris, Gallimard, 1966 (Foucault a toujours travaillé en historien, et on peut dire que toute sa carrière philosophique est guidée par l’interrogation sur le rapport entre anthropologie, psychologie et histoire. Ce texte célèbre peut être lu comme une histoire structurelle des sciences humaines qui inaugure la querelle sur « histoire et structure », dans laquelle interviendront Sartre, Merleau-Ponty, Lévi-Strauss, et d’autres).


III. Textes relatifs aux disciplines singulières (dans cette section on retrouve, pour chacune des  sciences humaines, des classiques et des textes de littérature secondaire, méthodologie, encadrement général)


Sociologie
August Comte, Cours de philosophie positive, tome IV.
Herbert Spencer, Introduction à la science sociale (1874) : disponible sur le site http://classiques.uqac.ca
Emile Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Paris, Flammarion, 1988.
Id., Le suicide, PUF, coll. « Quadrige Grands textes », 2007.
Max Weber, Concepts fondamentaux de sociologie, Paris, Gallimard, 2016
Id., L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1964.
Norbert Elias, La civilisation des moeurs, Paris, Pocket,
Howard Becker, Outsiders. Etudes en sociologie de la déviance, Paris, Métailié, 1985
Pierre Bourdieu, Le sens pratique, Paris, Minuit, 1980 (particulièrement les chapitres 3 et 4)
Id. avec J-C. Passeron, Les héritiers. Les étudiants et la culture, Paris, Minuit, 1964.
« Avenir de classe et causalité du probable », in Revue Française de sociologie, n° 15-1, 1974, p. 3-42 (présent sur Persée).
Bruno Latour, Petites leçons de sociologie des sciences, Paris, Seuil, 1996.
Id. Cogitamus. Six lettres sur les humanités scientifiques, Paris, La découverte, 2010.
Christian Laval, L’ambition sociologique, Paris, La Découverte, 2002.
Jean-Louis Fabiani, La sociologie. Histoire, idées et courants, Paris, Les éditions des sciences humaines, 2021.


Histoire
Marc Bloch, Apologie pour l'histoire, ou Métier d'historien, Paris, Armand Colin, coll. « Cahiers  des Annales », 1949.
Fernand Braudel, Écrits sur l'histoire, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1969.
Carlo Ginzburg, Mythes, emblèmes, traces. Morphologie et histoire, tr. fr., Paris, rééd. Verdier, 2010.
Francois Hartog, Régimes d'historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Seuil, 2003.
Eric J. Hobsbawm, On History, London, Weidenfeld & Nicolson, 1997.
Paul Ricoeur, Temps et récit, éd. Seuil coll. « Points », tomes 2 et 3.
Paul Veyne, Comment on écrit l'histoire, Paris, Seuil, 1978.
Jacques le Goff, Pierre Nora, Faire de l’histoire (trois volumes : I. nouveaux problèmes, II. nouvelles approches, III. nouveaux objets), Paris, Gallimard-Folio, 1974.


Linguistique
Saussure, Cours de Linguistique générale, Paris, Payot, 1916 (re-édité à plusieurs reprises)
Frege, « Sens et dénotation », in Ecrits logiques et philosophiques, Paris, Seuil, 1994.
Benveniste, Problèmes de linguistique générale, Paris, Gallimard, 1966 et 1974.
Benveniste, Vocabulaire des institutions indo-éuropéennes, Paris, Minuit, 1969-1970.
Roman Jakobson, Six leçons sur le son et le sens, Paris, Minuit, 1976.
Austin, Quand dire c’est faire, Paris, Seuil, 1970.
Oswald Ducrot, Jean-Marie Schaeffer, Nouveau dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Seuil, 1999.


Psychologie/psychanalyse
Sigmund Freud, Métapsychologie (1915), trad. Laplanche/Pontalis, Paris, Gallimard, Folio, 1986.
Id. L’interprétation du rêve (1900) trad. Jean-Pierre Lefebvre, Paris, Seuil, 2013.
Id., La psychopathologie de la vie quotidienne (1901), trad. Denis Messier, Gallimard, Folio, 2010.
Id., Sur la psychanalyse. Cinq conférences (1909), trad. Cornélius Heim, Gallimard, 2015.
Id., Malaise dans la civilisation (1930), trad. Bernard Lortholary, Paris, Seuil, 2010.
Jacques Lacan, Mon enseignement, Paris, Seuil, 2005.
Id., « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je », in Ecrits, Paris, Seuil, 1966.
Id., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1964.
Jean Laplanche, Jean-Bernard Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF, 1967.
Burruhs Frederic Skinner, Science et comportement humain, Paris, Editions In Press, 2011.
Jean-François Braunstein, Évelyne Pewzner (éd.), Histoire de la psychologie, Paris, Dunod, 2011.


Anthropologie/ethnologie
Marcel Mauss, Essai sur le don, in Sociologie et anthropologie, PUF, Quadrige, 1973, p. 149-279.
Bronislaw Malinowski, Les argonautes du Pacifique occidental, Paris, Gallimard, 1963.
Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté (thèse de 1949, réedité sous le titre Nature, culture et société, Paris, Flammarion, 2008).
id., « Introduction à l’oeuvre de Marcel Mauss », in Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, PUF, 1950, p. IX-LII.
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