Portraits de diplômés : secteur social et ressources humaines

Les études de philosophie conduisent à des emplois et des secteurs professionnels très divers. Ces portraits de diplômés en sont la preuve.

Le secteur social

Gaëlle Cosquer, consultante dans le secteur médico-social.
Titulaire d’un Master 2 Philosophie Recherche et Master 2 Ingénierie et gestion de l’intervention sociale IGIS.


    Gaëlle Cosquer

    L'UFR : Quel a été votre parcours après votre Master de philosophie?

    Gaëlle Cosquer : J'ai fait un Master 1 et 2 d'ingénierie et de Gestion de l'intervention sociale (IGIS) à l'Université de Nantes. Mon mémoire de stage avait pour titre: "Sexualité et handicap en institution, la fonction de direction au coeur des paradoxes éthiques".
    Le sujet de mémoire est venu de mon intégration durant ce master à un groupe de travail formé de Directeurs qui souhaitait interroger ce thème de la prise en compte de la vie affective et sexuelle dans leurs institution hébergeant des personnes handicapées.

    J'ai été intégrée à ce groupe de travail, puis désignée pour une mission d'entretiens auprès des usagers, parce qu'une collègue de formation avait repéré mon parcours de philo et que le groupe de travail était en attente d'un éclairage sur le versant 'éthique' pour leur thématique.
    Cette expérience a conditionné le reste de mon parcours et elle s'est faite grâce à l'intérêt porté par ces directeurs pour mon profil 'philo'. En outre, je dois dire que mon travail de recherche en Master 1 puis Master 2 de philo portait sur une thématique proche puisque son titre était: Reconnaissance et Stigmatisation: enjeu double de 'la question SDF'.

    L'UFR : Quel est votre travail aujourd'hui?

    Gaëlle Cosquer : Je suis consultante dans le secteur médico-social.
    Je réalise des missions diverses d'accompagnement des directeurs d'établissements et des équipes:

    • définition des valeurs associatives, valeurs d'équipes et du projet pour l'accompagnement des usagers,
    • formation d'équipes sur des thématiques précises d'accompagnement liées à l'éthique (ex: vie affective, sexualité et dépendance, synergie d'équipe pluridisciplinaire dans le cadre des établissements hébergeant des personnes âgées très dépendantes et en fin de vie, etc.)
    • évaluation et missions de consulting autour de la prise en compte et de la mise en oeuvre du droit des usagers dans des thématiques d'accompagnement diverses (troubels cognitifs rendant difficile l'expression et le consentement, accompagnement à domicile, public mineur, etc.).

    Thématique de prédilection: accompagnement des équipes à questionner leurs pratiques au travers d'un questionnement sur leurs représentations (du handicap, de la personne âgée..); remise en question des représentations inconscientes, et présentes dasn les équipes car partagées par la majorité de la population, ayant des répercussions bien réelles sur les pratiques (infantilisation inconsciente de l'usager, etc...)

    L'UFR : Que retenez-vous de vos études de philosophie?

    Gaëlle Cosquer : Une excellente base méthodologique, la capacité à prendre du recul, à ne pas donner une réponse "à chaud" mais à peser une question sous différents angles avant de décider, une capacité à animer des discussions et à faire se questionner et avancer les équipes sur des sujets pluridimensionnels et complexes.

    Une appétence vers le travail d’équipe née de la vraie énergie de groupe que nous avions dans notre promotion (elle était vraiment géniale!) J’ai un point de vue très positif sur la philosophie, qui m’a permis de réaliser le parcours que je souhaitais. La philosophie est une porte d’entrée qui peut être valorisée et originale, couplée à un autre parcours. »

    L'UFR : Voudriez-vous ajouter quelque chose que vous n'auriez pas dit dans les réponses précédentes?

    Gaëlle Cosquer : La philosophie est une porte d'entrée qui peut être valorisée et originale, couplée à un autre parcours. Mais elle est peut-être difficile à valoriser dans un parcours seul et elle peut être un sujet d'interrogation. J'ai souvent eu deux retours très tranchés lors de mes entretiens de recherche d'emploi: soit les employeurs étaient très intéressés et trouvaient ce parcours valorisant, soit ils me demandaient 'pourquoi la philo ?' comme si c'était une erreur de parcours. En entretien d'embauche, il faut vraiment avoir réfléchi à son discours pour mettre en avant l'ouverture d'esprit et la rigueur méthodologique apportée par ce parcours qui reste malheureusement méconnu et attaché à des représentations fausses (être dans la lune, être un peu idéaliste et pas dans l'action, ...).