Séminaire LAGON: Filipe Drapeau Vieira Contim (CAPHI, Univ. Rennes 1), "La déflation du nécessaire a posteriori"

Jeudi 26 janvier, 16h15

 © Danny Hass

Résumé

L’une des contributions marquantes de Saul Kripke est d’avoir montré qu’il y a des énoncés dont la vérité est nécessaire bien que connaissable seulement a posteriori. Ces cas de nécessité empirique constituent de prime abord un contre-exemple à la théorie analytique du nécessaire (TAN), et leur mise en évidence a largement contribué à réhabiliter la notion d’essence. Pourtant, un certain nombre d’auteurs, qui se qualifient parfois de « néo-conventionnalistes modaux », soutiennent qu’on peut accepter les résultats de Kripke tout en restant fidèle à l’esprit de la TAN, c’est-à-dire à l’idée selon laquelle la nécessité prend sa source dans le langage et non dans les choses. Cette stratégie déflationniste trouve sa forme la plus aboutie dans la sémantique dite bidimensionnelle de David Chalmers et Frank Jackson. Je présenterai ici un argument montrant que le bidimensionnalisme manque sa cible. Un tel cadre permet certes de générer artificiellement des nécessités a posteriori de nature purement sémantique, mais ces nécessités échouent à simuler les nécessités a posteriori de Kripke.