"L'énigme méréologique de Goodman" exposé présenté par Alexandre Declos (Université de Lorraine/ University of Ottawa) dans le cadre du séminaire Lagon

Séminaire de recherche en philosophie du langage et en ontologie

Lagon

Abstract

L’énigme méréologique de Goodman
Dans ses travaux des années 1940-1950, le philosophe américain Nelson Goodman embrassait deux doctrines qui connaîtront une grande fortune dans métaphysique analytique ultérieure. La première est le perdurantisme, soit la thèse selon laquelle les objets matériels persistent dans le temps en vertu du fait de posséder des parties temporelles. La seconde est l’universalisme méréologique, pour lequel toute somme méréologique d’entités, quelle qu’elle soit, constitue un objet composite réel. Je montrerai que ces développements légitiment une relecture massive de la célèbre « nouvelle énigme de l’induction », telle qu’elle a été présentée par Goodman dans l’ouvrage Faits, Fictions, et Prédictions de 1955. Il sera tout d’abord défendu que l’énigme du « vleu » se laisse naturellement comprendre en termes d’objets perdurants dont les parties temporelles coïncident partiellement. Je soutiendrai ensuite que la nouvelle énigme de l’induction peut être comprise comme un argument en faveur de l’universalisme méréologique. Si ceci est juste, on pourra alors vérifier que l’énigme goodmanienne figure un authentique problème métaphysique, contrairement à ce que la critique a souvent pu affirmer.