Soutenances de thèses les lundi 2 et mardi 3 décembre

Guillaume Fondu et Ali Kebir

soutenance de thèse

- Lundi 2 décembre à 14 h 30, Guillaume FONDU soutiendra sa thèse de doctorat intitulée " Une science sociale en contexte : usages allemands, russes et soviétiques de la critique de l'économie politique."
Salle des thèses, bâtiment de la présidence, Campus de Beaulieu.

Jury : Franck Fischbach (Professeur à l'Université de Strasbourg - Examinateur), Alessandro Stanziani (Directeur d'études à l'EHESS, Paris - Examinateur), (Catherine Colliot-Thélène Professeur à l'Université, Rennes 1 - Directrice de thèse), Agnès Labrousse (Maîtresse de Conférence à l'Université de Picardie Jules Verne – Co-directrice de thèse)

Résumé : Prenant pour point de départ la difficulté à rendre compte de la spécificité du marxisme et de sa critique de l'économie politique, on fait l'hypothèse que cette spécificité doit être cherchée en premier lieu non pas dans ses thèses ni même dans son épistémologie mais dans le rôle qu'elle
assigne à la théorie critique. Ce rôle s'accompagne d'une énonciation spécifique où l'objet du discours est en même temps son destinataire potentiel. Cette ambiguïté énonciative est porteuse d'une tension que l'on étudie dans trois contextes particuliers : la première réception allemande des idées marxiennes, marquée par l'existence et le développement d'une institution politique forte, le SPD ; la réception russe de ces mêmes idées, marquée au contraire par l'inexistence d'une telle institution et, partant, l'insistance sur le rôle organisationnel de la pratique théorique ; les premières années du régime soviétique, enfin, où le marxisme se voit assigné de toutes nouvelles tâches et où les exigences gestionnaires donnent une nouvelle forme à l'idée de critique. Ce survol historique nous sert à spécifier les différentes modalités de l'inscription du discours marxiste dans un présent qu'il tâche de comprendre mais également de modifier en s'adressant à ses contemporains

- Mardi 3 décembre à 14 h 30, Ali KEBIR soutiendra sa thèse de doctorat intitulée "Éléments pour une généalogie de la démocratie".
Elle aura lieu à Centrale Supelec Rennes, avenue de la Boulaie, 35510 Cesson-Sévigné, salle "ULB".

Jury : Magali Bessone (Professeure, Université de Paris 1), Alain Brossat (Professeur, National Chiao Tung University), Catherine Colliot-Thélène (Professeure, Directrice de thèse, Université de Rennes 1), Paula Cossart (Maitresse de conférence, Université de Lille III), Luca Paltrinieri (Maître de conférence, Université de Rennes 1), Emmanuel Renault (Professeur, Université de Paris X).

Résumé : Nous sommes tous démocrates à présent. Partant de ce simple constat, ce travail propose d’interroger le sens politique d’une telle unanimité. Au prisme d’une démarche généalogique, il fait apparaître que derrière l’évidence démocratique il y a une volonté qu’il convient de problématiser. A distance des récits optimistes qui voient dans le triomphe contemporain de l’idéal démocratique l’avènement de l’ère de la liberté, il s’agit de retrouver les différents points d’émergence de la volonté de démocratie dans des rapports de forces historiques. Il apparaît alors que l’adhésion à la démocratie est moins le fait d’un désir naturel que l’effet d’une police du politique qui, par des voies variées et discontinues, a façonné la manière dont les sujets dominés envisagent leur rapport à la domination. La démocratie s’est déployée comme une police qui produit des sujets autolimités et communicationnels ne pouvant plus envisager de lutte qui tende vers une transformation du monde. Elle génère, en effet, un type d’humanité qui questionne certes la domination, mais sans jamais remettre en cause son existence. Pour lui, elle est devenue un destinataire de revendications et non plus un obstacle à l’émancipation.

Mots Clés : Démocratie, généalogie, Foucault, utopie, insurgeance, police.