Guillaume Fondu participe à la journée d'études "Les sciences sociales et l'histoire des révolutions russes: disciplines, méthodes, interprétations"

organisée par le département d'histoire de l'Université Rennes 2, le mercredi 13 février 2019, de 08h45 à 12h30. Lieu : campus de Villejean, amphithéâtre E1.

tempora
  1. ATELIER D’ÉTUDES Les sciences sociales et l’histoire des révolutions russes : disciplines, méthodes, interprétations
  2. Présentation des intervenants et de leurs exposés
  3. Programme

ATELIER D’ÉTUDES Les sciences sociales et l’histoire des révolutions russes : disciplines, méthodes, interprétations

L’histoire des révolutions russes vient d’être particulièrement mise en lumière à travers les publications nombreuses liées au centenaire de 1917. Beaucoup de ces travaux récents, de recherche inédite ou de synthèse, sont le fait d’historiens de formation et de profession. Cependant des chercheurs venus d’autres disciplines, dans le champ large des sciences humaines et sociales et de la philosophie (qui s’y rattache ou pas, selon les points de vue) écrivent aussi sur l’histoire des révolutions russes. Ils se posent des questions parfois différentes, ou abordent les mêmes questions que les historiens mais sous un autre angle. Souvent leurs problématiques trouvent d’abord leur place dans des débats propres aux disciplines dont ils sont issus. Leurs façons de traiter le « matériau historique » ou les « sources historiques » passent par des concepts et des méthodes que les études universitaires en histoire manient peu ou pas. Ces chercheurs font un usage intensif des travaux publiés en histoire, alors que la réciproque paraît moins vraie.
Ce décalage suscite plusieurs questions sur la relation qui lie la discipline historique à ces autres disciplines. La biographie des chercheurs, leurs parcours et leurs centres d’intérêt sont des éléments à considérer. Certaines différences sont seulement superficielles, mais d’autres méritent d’être prises en compte avec plus d’attention. Comment des questionnements scientifiques formés et développés dans d’autres disciplines que l’histoire et à l’aide d’autres méthodes produisent-ils néanmoins un discours historique sur les révolutions russes ? Plus largement, quelle idée de l’histoire et de son étude sous-tend des recherches élaborées dans des disciplines aussi variées que la démographie, la sociologie, l’économie ou la philosophie ?
Dans l’autre sens, quel regard portent sur ces travaux les historiens de formation et de profession qui s’intéressent aux révolutions russes ? Un regard critique, assurément, comme à l’égard de n’importe quelle recherche en sciences humaines et sociales. Mais au-delà, quelles différences d’approche, de méthode, de façon de considérer « les sources » ou le « matériau historique », justifient de maintenir une distinction entre « l’histoire des historiens » (des révolutions russes) et l’étude de l’histoire par d’autres disciplines dans le champ des sciences humaines et sociales ?
L’atelier de recherche organisé à Rennes 2 permettra d’aborder ces questions grâce à trois chercheurs qui viennent d’autres disciplines que l’histoire, mais qui ont chacun-e travaillé et écrit, entre autres choses, sur les révolutions russes, y compris pour des revues ou des collections d’histoire. Tous les trois restent attachés à une autre discipline, qu’ils pratiquent « de l’intérieur ». Leurs parcours, leurs façons de « faire de l’histoire » tout en ayant cette compétence disciplinaire autre, nous serviront à interroger les multiples manières de considérer l’histoire des révolutions russes dans les sciences sociales et de réfléchir au sens de ces partages disciplinaires.

Présentation des intervenants et de leurs exposés

Alain BLUM (INED, EHESS, Paris)

Alain Blum est démographe, statisticien et historien, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED), directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) au Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC UMR 8083).
Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à la démographie des populations de l’Empire russe, de l’URSS et de ses États successeurs (dont Naître, vivre et mourir en URSS, Plon, 1994, rééd. Payot 2004), à l’histoire de l’administration des populations, à celle des disciplines des sciences sociales en URSS, dont la statistique (voir le livre, coécrit avec Martine Mespoulet, L’anarchie bureaucratique : statistique et pouvoir sous Staline, La Découverte 2003), ou encore à l’histoire du système judiciaire, de la répression et des déportations en URSS : voir ses travaux récents et publications en préparation, en particulier (en collaboration) Archives sonores, mémoires européennes du goulag: http://museum.gulagmemories.eu.

D'une démographie historique de l'Empire Russe et de l'URSS à une histoire sociale et politique des révolutions
L'histoire des populations de l'Empire russe et surtout de l'URSS a été profondément renouvelée ces vingt dernières années, à partir du moment où l'on a pu ne plus se contenter des publications statistiques mais plonger dans les archives, très riches, des organismes statistiques centraux ou locaux. Au-delà des chiffres publiés, les archives des institutions statistiques, à tous les niveaux, du district rural à Moscou, ont conservé de multiples données destinées à un usage des plus limités, mais permettant une reconstitution très précise de l’histoire démographique. Celle-ci s’est ainsi construite sous forme de reconstitution, au niveau de l'Empire russe, de l'URSS, des républiques soviétiques, des régions, des tendances générales des principales dynamiques démographiques (mortalité, natalité, migrations, etc.).
L'histoire ainsi dessinée est marquée par une succession de ruptures fortes le long de tendances longues. On peut ainsi identifier la plupart des crises politiques et sociales sur les courbes démographiques (natalité, mortalité, migration, etc.), que ce soit la première guerre mondiale, le moment même de la Révolution, la guerre civile, la nouvelle politique économique (NEP), les bouleversements staliniens, le dégel, etc.
Nous nous attacherons à comprendre comment ces reconstitutions (mais aussi le travail sur la production des sources à leur fondement) offrent à voir une histoire sociale et politique des révolutions complexe, qui mêle conjoncture de court terme et transformations longues, et qui insère l’histoire soviétique dans une histoire européenne tout en la distinguant. On peut ainsi observer comment, après les violences de la guerre civile, la NEP a rétabli la Russie, l’Ukraine orientale, d’autres territoires dans une dynamique socio-démographique positive, malgré toutes les tensions et contradictions qui l’ont marquée. On peut voir les effets de la collectivisation et cartographier de façon précise la famine qui frappe en particulier l’Ukraine, mais aussi d’autres territoires, en 1933, et replacer cette famine comme soubresaut d’une extrême violence de certaines transformations entamées
 dès la prise de pouvoir par les bolchéviques, mais modifiées en profondeur par la violence politique stalinienne. Cela permet aussi d’interpréter, très partiellement il est vrai, la dimension coloniale de la reconstitution partielle de l’Empire russe par le nouveau pouvoir soviétique après la Révolution et les diverses indépendances qui la suivent, en examinant les bouleversements démographiques (mariages, migrations en particulier mais aussi effets de politiques démographiques, de santé, décidées au centre).
Au-delà de ces reconstitutions qui permettent de placer le court terme (politique en particulier) au sein d’une tendance longue, la démographie historique impose de se plonger dans des archives des organes de la statistique et, en conséquence, de travailler sur les pratiques des administrateurs de ces organes, statisticiens, gestionnaires, politiques. Cela est particulièrement intéressant aux temps des révolutions, pour diverses raisons : nécessité de conserver une compétence et donc des administrateurs « du passé », qui se retrouvent à « mesurer » l’ampleur des catastrophes dans un monde où la négation de l’évidence par les politiques est de plus en plus forte. Ils sont témoins des famines et des répressions —exécutions, déportations, etc. —, et peuvent en comprendre les ressorts, ils perçoivent et mesurent les stratifications sociales, les conséquences des politiques économiques, doivent faire rapport tout en sachant que leurs conclusions ne correspondent pas (ou correspondent de moins en moins) avec la doxa des élites du parti. Cela permet de réfléchir à la place d’acteurs importants de la Révolution, face aux bouleversements qu’elle induit.
Nous montrerons, à partir de divers exemples, en quoi ces approches permettent une vision plus riche, mais peut-être aussi différente, de l’histoire des révolutions telle qu’elle est écrite à partir des sources politiques et sociales.
 

Sofia TCHOUIKINA (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, ISP)

Sofia Tchouikina est maîtresse de conférences en études slaves à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, chercheuse à l’Institut des Sciences sociales du Politique (ISP, UMR 7220).
Sociologue de formation, elle a soutenu une thèse dans cette discipline à l’Université européenne de Saint-Pétersbourg, dont elle a tiré un livre en russe (2006), traduit en français sous le titre : Les gens d’autrefois : la noblesse russe dans la société soviétique, publié en 2017 dans la collection d’histoire du temps présent, « Contemporaines », des éditions Belin.

La reconversion et le déclassement des anciennes élites après la révolution de 1917
La révolution de 1917 entraîne une transformation de la structure sociale de la société. J’ai étudié dans mon livre Les gens d’autrefois le déclassement et la reconversion de la noblesse russe en URSS en m’appuyant sur la sociologie des élites, la sociologie de la mémoire, la théorie des pratiques dans les sciences sociales et sur les méthodes biographiques et notamment les entretiens biographiques (« récits de vie »). Le but de mon travail est d’analyser le processus de la dissolution de l’ancienne noblesse dans la société soviétique, de comprendre dans quelles strates de la société soviétique les ex-nobles ont trouvé leur place, de savoir ce qu’ils sont devenus professionnellement et socialement vers la fin des années 1930. Ces questions sont liées à la problématique plus vaste de la transformation de la structure sociale de la société soviétique.
L’étude des anciennes élites russes après la révolution s’inscrit dans un courant mondial de recherches sur le « déclin » des élites agraires et, plus généralement, sur le déclin des différentes noblesses, après 1918, car la Première Guerre mondiale a mis fin à la domination des anciennes élites dans un grand nombre de pays. Les sociologues ont consacré tardivement des études à cet objet par rapport aux historiens quand diverses recherches ont montré que la thèse du déclin devait être relativisée. Malgré le fait que les noblesses n’avaient plus de conditions légales d’existence, elles se reconvertirent professionnellement et socialement et maintinrent leurs cercles, milieux et espaces. Les sociologues, qui s’intéressent aux mécanismes de la reconversion et du déclassement des anciennes élites au XXe siècle, ont développé trois idées fondatrices : a) face au déclin et au déclassement les anciennes noblesses développèrent des stratégies de reconversion ; b) dans ce processus de reconversion, le rôle de la mémoire collective fut particulièrement important ; c) le processus de reconversion provoqua une reconsidération des frontières symboliques entre les diverses fractions des anciennes élites et entre les anciennes et les nouvelles élites.
La question de ma recherche est formulée de la manière suivante : comment la noblesse russe après 1917 en URSS essaya de se maintenir face au déclassement ? J’étudierai, avant tout, les parcours de ceux et celles qui ont survécu et réussi ainsi que les trajectoires de survie. Pour pouvoir répondre à la question « comment », j'étudierai la formation de la structure sociale de la société soviétique après la révolution sous l'angle du changement des pratiques. Les pratiques, ce sont les manières d’agir des gens : stables, répétitives et non réfléchies. Quand la révolution provoque un changement radical du régime politique, il est impossible de changer brusquement les anciennes habitudes des gens, leurs représentations individuelles et collectives, les normes et les valeurs. La logique pratique, les savoir-faire, l’habitus, les habitudes résistent au changement. Comment les anciens nobles utilisèrent-ils dans leurs stratégies d’adaptation leur héritage non-matériel, autrement dit toutes les capacités humaines qu’ils avaient héritées de leur vie pré-révolutionnaire et qu’ils possédaient même après avoir perdu leur statut social privilégié et leurs fortunes ?
Les sources (auto)biographiques permettent de repérer des moments charnières, des tournants et des transitions dans la vie des gens ; d’obtenir des explications sur les décisions. Deux types d’expériences propres aux anciens nobles en URSS ont été étudiés : les tentatives de reconversion professionnelle forcée et les efforts pour maintenir l’identité sociale des élites face au déclassement.
1/ La théorie de la reconversion a été élaborée par Pierre Bourdieu, Monique de Saint-Martin et Luc Boltanski dans leur étude sur les patrons des entreprises et elle a été utilisée par M. de Saint-Martin dans sa recherche sur la noblesse française (1993). Par reconversions, j’entends des stratégies permettant aux anciens nobles de transformer leurs ressources, qu’elles soient symboliques, sociales ou culturelles en emplois et en ressources économiques, afin de maintenir ou d’améliorer leur position sociale et celle de leur famille. Ma méthode consiste à travailler cas par cas avec chaque biographie et à extraire les épisodes qui montrent les ressources convertibles que possédait la personne avant la révolution et qui racontent la trajectoire professionnelle en URSS avec tous les tournants. La recherche retrace à partir des trajectoires biographiques la manière dont les différentes ressources et connaissances des anciens nobles furent utilisées dans de nouvelles conditions. Le succès social dépendait de la réussite à convertir les habilités, vues avant 1917 comme de l’amateurisme (théâtre, danse, chasse, jardinage, collection), en une profession, une source de revenu. Leurs stratégies de reconversion les obligèrent à se déplacer dans les champs professionnels des sciences, des arts, de l’enseignement — domaines liés à la continuité de la tradition et à la reproduction du savoir.
2/ Les nobles russes pouvaient-ils dans le contexte discriminatoire soviétique assurer une éducation d' « élite » à leur progéniture ? Pour répondre à cette question, j’ai étudié les pratiques éducatives : l’architecture éducative dans l’ensemble et le contenu des passe-temps et divertissements. Je me suis appuyée essentiellement sur les entretiens avec des nobles nés dans les années 1910 que j’ai interviewés à la fin des années 1990. Lors de l'analyse comparative des entretiens, j’ai posé les questions suivantes : quelle était la longueur de leur mémoire familiale ? Comment expliquaient-ils leurs réussites et leurs échecs, était-ce par leur effort personnel ou par le fait d’appartenir à leur famille ?
Ma recherche a montré que le modèle éducatif dans les familles est resté quasi le même qu’auparavant, la transmission de l’héritage culturel étant pour eux prioritaire. Des parents qui avaient pour modèle leur propre éducation ont tenté de le reproduire. L’éducation des descendants de la noblesse en URSS était fondée sur deux éléments formant une paire : le contrôle de fréquentation et l’apprentissage de la différence. Mais de nombreux éléments d’éducation d’antan n’étaient plus compatibles avec le contexte des années 1920-1930 où les anciennes élites étaient discriminées. Les critères de la distinction culturelle se sont substitués aux critères éthiques et moraux jusqu’alors prédominants. L’éducation s’est centrée sur la culture au sens large : la capacité de s’exprimer, la grande culture générale, les bonnes manières.
 

Guillaume FONDU (Université Rennes 1, CAPHI)

Guillaume Fondu est ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, doctorant du Centre Atlantique de Philosophie (CAPHI, EA7463) à l’Université Rennes 1, où il enseigne en tant qu’attaché temporaire d’enseignement et de recherche. Il termine actuellement une thèse intitulée : « Une science sociale en contexte : usages allemands, russes et soviétiques de la critique de l'économie politique ».
Également traducteur (de l’allemand et du russe), il a édité une anthologie de textes écrits dans les milieux socialistes européens en réaction à la révolution d’Octobre (Devant la révolution : débats et combats politiques en 1917, Éditions sociales, 2017).

La Révolution russe comme objet philosophique : entre événement et concept
Nous avons peu l'habitude, en philosophie, de travailler sur des événements réels. En effet, on considère que la tâche du chercheur en philosophie est de réfléchir sur des concepts, c'est-à-dire sur des objets logiques, pour parvenir, par exemple, à une définition bien construite de Dieu, de la beauté ou de ce que serait un État démocratique. Dans cette perspective, le discours philosophique, en tant que discours systématique, s'apparente au discours logique ou mathématique et s'organise autour d'un idéal de cohérence dont les événements réels ne peuvent que le détourner.
Seulement, le discours philosophique ne peut — ce sera en tout cas notre hypothèse ici —se réduire à cette mécanique déductive dans la mesure où les concepts qu'il met en jeu, contrairement aux concepts mathématiques ou logiques, sont des concepts qui engagent certaines conséquences existentielles : le concept de Dieu et la vie du croyant (ou de l'incroyant), le concept de liberté et les combats du militant politique, etc. Du fait de cette dimension existentielle, les concepts philosophiques sont en prise directe sur le discours ordinaire et ne peuvent jamais faire l'objet de pures systématisations, comme c'est le cas en mathématiques. La philosophie est donc toujours écartelée entre un idéal de cohérence logique et un matériau impur, les expériences historiques et sociales. C'est pourquoi la tâche du chercheur en philosophie est infinie : on essaie d'insuffler une cohérence toujours problématique dans les concepts par lesquels s'énoncent des expériences. Et inversement, de donner une dimension existentielle aux concepts les plus scientifiques (ainsi par exemple de ce que signifie vivre dans un univers infini, des implications de l'idée de détermination des comportements humains, etc.).
Que faire, à partir de là, d'un événement comme la Révolution russe ? On tâchera tout d'abord de ne pas empiéter sur le territoire de l'historien ni sur celui du politiste. L'historien s'intéresse à la Révolution comme événement, c'est-à-dire comme un donné historique pris dans une série temporelle, et par rapport auquel on se pose trois questions (schématiquement) : la recherche de ses causes, la description factuelle de son déroulé, l'évaluation de ses conséquences. Il ne s'agit pas pour autant pour nous de dénier à l'historien toute réflexion conceptuelle et de l'enfermer dans un pur et simple récit : la recherche de ce qui fait l'unité de la Révolution russe lui pose des questions théoriques redoutables. De même du politiste, qui s'intéressera à la Révolution russe en tant que cas, exemplaire ou non, d'un concept de révolution qu'elle peut aider à construire1. Le chercheur en philosophie, à notre sens, doit laisser cela aux « vrais » chercheurs en sciences sociales, historiens, politistes, sociologues, etc. (peu importent ici les étiquettes disciplinaires).
Il nous reste, et ce n'est pas rien, la Révolution russe en tant que réservoir de discours d'un type très particulier puisque ce sont des discours à la fois effectifs (au sens où ils ont eu un impact réel, plus ou moins grand selon les cas) et systématiques (programmes politiques, analyses de situation, etc.). C'est là ce qui doit parler, à notre avis, au chercheur en philosophie : la Révolution russe est pour nous un événement au sens où elle vient incarner des idées et ce faisant, leur donner un sens nouveau. C'est notamment le cas de la Révolution russe, laquelle va être pensée dans des cadres élaborées antérieurement à elles (marxistes notamment) et rejaillir très fortement sur l'histoire des concepts concernés. C'est ce qu'on s'attachera à pointer à travers quelques exemples.
1 On pense ici notamment aux travaux de Michel Dobry — Sociologie des crises politiques : la dynamique des mobilisations multisectorielles (1re éd. : 1986) — qui se donne pour tâche de construire un concept rigoureux de ce qu'il appelle « crise politique » (et qu'on peut assimiler, au moins temporairement, à l'idée de révolution) en étudiant des phénomènes historiques non pas pour ce qu'ils sont (ce que ferait l'historien) mais en tant que base pour une induction et la construction d'un concept général de révolution.

Programme

8 h 45 Introduction de l’atelier d’études

9 h Alain BLUM (INED, EHESS, Paris)
D'une démographie historique de l'Empire Russe et de l'URSS à une histoire sociale et politique des révolutions

10 h Sofia TCHOUIKINA (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, ISP)
La reconversion et le déclassement des anciennes élites après la révolution de 1917

11 h Pause

11 h 15 Guillaume FONDU (Université Rennes 1, CAPHI)
La Révolution russe comme objet philosophique : entre événement et concept

12 h 15 Discussion générale et conclusion