Conférence "Hyperintensionalité, opacité et contrepossibles" par Pierre Saint-Germier, mardi 19 mars, à 18h15

dans le cadre de l'atelier LAGON. Lieu : UFR de philosophie, bâtiment 32B, salle Ortigues

mondes possibles
  1. Abstract
  2. Pierre Saint-Germier

Abstract

"Hyperintensionalité, opacité et contrepossibles"

Selon la tradition, les contrefactuels dont l'antécédent est impossible (ou contrepossibles) sont tous vrais par défaut (Stalnaker 1968, Lewis 1973, Williamson 2017). Cependant, un nombre croissant de réformistes défend l'idée que certains contrepossibles sont faux et que tous ceux qui sont vrais ne le sont pas par défaut (Brogaard et Salerno 2013, Berto et al. 2017).
On peut motiver cette conception alternative en fournissant des exemples intuitifs de contrepossibles faux, mais il existe des raisons plus profondes de s'opposer à la tradition. Plusieurs métaphysiciens ont soutenu récemment que des notions métaphysiques importantes se comportent de façon hyperintensionnelle (Nolan 2014) et que ce caractère hyperintensionnel est logiquement connecté à la fausseté de certains contrepossibles (Wilson 2016).
Je me propose dans cette présentation d'approfondir cette connexion. D'un côté je défendrai à un niveau général l'idée que les philosophes qui croient qu'il y a de l'hyperintensionalité en métaphysique doivent renoncer à la conception traditionnelle des contrepossibles. D'un autre côté, j'insisterai sur le fait qu'il y a plusieurs manières de mener à bien ce programme, et qu'une confusion persistante entre hyperintensionalité et opacité a empêché jusqu'à présent de nombreux réformistes de le faire de façon cohérente.
 

Pierre Saint-Germier

Pierre Saint-Germier a soutenu une thèse en 2015 intitulée "Les arguments de concevabilité". Il est actuellement membre du projet "Musical Improvisation and Collective Action" à l'IRCAM (Paris), après deux ans passé à Aarhus, Danemark au sein du projet "Intuitions in Science and Philosophy". Ses recherches se focalisent sur le rapport entre concevabilité et possibilité, la logique et l’épistémologie des expériences de pensée en sciences et en philosophie et la coordinationation émergente, en particulier dans l'improvisation musicale. Ancien membre du comité de rédaction de la revue Tracés, il s’intéresse également à la philosophie des sciences sociales et à la philosophie de la musique. Il a traduit et présenté avec Clément Canonne un recueil d’essais de philosophie de la musique de Jerrold Levinson (Essais de philosophie de la musique. Définition, Ontologie, Interprétation, 2015, Paris, Vrin) et a dirigé l'ouvrage collectif Language, Evolution and Mind. Essays in honour of Anne Reboul, 2018, Londres, College Publications.